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Il faut savoir que Saragosse ne se trouve pas exactement à l’arrêt de bus portant ce nom et que nous nous sommes perdues en y allant, Google Maps nous faisant partir dans la mauvaise direction. C’est toujours un plaisir de savoir que, même avec une technologie sensée nous aider, notre sens de l’orientation reste médiocre et que nous trouverons toujours, malgré nous, un moyen de nous égarer.

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Il existe un genre de voyeurisme que l’on ne remarque pas, ou peut être plus. Certains passent des journées entières à leur fenêtre, leur balcon, à regarder le monde bouger, à surveiller les gens qui passent. À rencontrer, sans avoir à dire un mot. Et si nous, nous les observions? Et si nos regards se croisaient? Ils ferment leurs volets.

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Des pelouses, des fleurs, des mottes de terre. Du gravier aussi, et du goudron. Je connais le coin par cœur, mais cela ne m’empêche pas de m’émerveiller chaque fois que je vois un nouvel élément. L’atmosphère change tous les jours, les bruits varient des plus stridents aux plus doux comme le vent. Les ballades avec le maître sont les meilleurs moments de la journée. Tous les jours mon maître s’en va, alors j’attends patiemment son retour derrière la porte de la haute maison près à l’accueillir. J’adore me promener dans la rue. Parfois on rencontre des amis, c’est chouette. Le quartier est notre territoire, au maître et moi. Le maître l’appelle le quartier Saragosse.

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Le bruit des enfants d’à côté me réveille en sursaut.
7h00 du matin, super.
J’entends couler l’eau de la douche de la voisine du dessus. Elle en a pour vingt minutes minimum.
Mon voisin d’en dessous casse une bouteille en verre. Ça y est, il est bourré.
Je me lève.

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Quand je suis au distributeur de billets et que l’on me filme discrètement en train de danser, alors que j’ai une musique dans la tête.

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Je rentre dans l’ascenseur de mon immeuble. Il y a du monde, j’appuie sur le bouton de mon étage et me mets face à la porte. Les personnes qui m’entourent sont trop près. Beaucoup trop près. Je me sens oppressée, heureusement que je descends vite. Ouf ! Enfin sortie ! Je commençais à avoir du mal à respirer. J’ouvre la porte de mon studio, rentre et referme derrière moi. Ce réflexe est devenu un quotidien. Je dépose mes affaires sur le côté. Quand je vois mon lit, des souvenirs de la veille me reviennent en mémoire et je ne peux retenir un sourire.Après avoir mangé et avoir fait la vaisselle, je me dirige vers la salle de bain, me déshabille et prends la douche qui clôture cette longue journée.

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Le désordre que j’ai tenté de supprimer
Est bien plus un reflet de ma réalité
Que les photos au soin exacerbé
Bien moins personnelles et spontanées

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C’est un réflexe. Chaque matin, on se brosse les dents. Et cela fait, on a cette sensation d’être plus présentable, plus prêt à affronter le monde extérieur, juste par le fait de nettoyer une partie de notre corps que l’on ne montre pas forcément. Une part de nous nous dit que c’est une question d’hygiène mais l’autre se sent rassuré de parler à autrui lorsque l’on est sûr à 100% que notre cavité buccale à été correctement nettoyé de toutes tâches de café et/ou d’un ultime résidu de pomme mangée à la va-vite à l’heure du petit déjeuner. C’est un réflexe. Chaque matin, on se brosse les dents.

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Chaque être a autour de lui une bulle, limite de son intimité. Seules les personnes de confiance sont autorisées à y rentrer. Et puis chacun possède ses propres facettes de personnalités. Celle que l’ont choisi de montrer aux autres est le fruit d’une mûre réflexion.